CITATION DU JOUR

"La maladie se supporte mieux quand on est supportée"
Line

samedi 4 juillet 2009

Aller direct pour l'hôpital, one more time


C'est quand on pense que c'est fini que c'est pire. Je m'étais dit que maintenant que le méchamment bon taxotère était terminé que je pourrais souffler un peu. Et bien non !

C'est vrai que j'ai beaucoup moins d'effets secondaires, notamment au niveau de la bouche et des muqueuses, je me croyais, presque, sortie d'affaire. Mais voilà que jeudi que je me suis fait rattraper. Encore une gastro. Cette fois-ci, une femme avertie en valant au moins trois, je n'ai pas attendu d'être complètement déshydratée avant de demander à Mr.X. d'appeler l'hôpital. Après 4 vomissements et 3 diarrhées, Mr.X. m'a prestement conduite à l'hôpital des cancers où une armada de blouses blanches m'attendaient avec des solutés et des grands sourires.

J'arrivais à peine à marcher et je me suis écroulée dans un lit, entourée d'au moins 2 infirmières et 4 solutés ! Sodium, potassium, glucose, que de bonnes choses injectées directement dans ma capsule implantée près de mon sein droit. Ils ont même poussé les soins à me mettre un patch antidouleur avant d'avant de me piquer avec l'aiguille d'Hubert ! Ils m'ont aussi fait environ 20 prises de sang, question de savoir si je ne m'étais pas chopé une grippe de cheval ou autre animal.

Je voulais mourir tellement j'avais mal. Je n'en peux plus des douleurs, ça va m'achever avant le cancer. Tout ce que je voulais c'était dormir pour ne plus avoir ces crampes immondes qui font sortir des trucs par les deux bouts. J'ai dormi, avec l'aide de quelques merveilleuses pilules, presque toute la journée de jeudi. Et tant qu'à se plaindre, j'y vais jusqu'au bout. Le problème quand je suis couchée, c'est que j'ai mal au dos. On est dans le vice du cercle. Après de la cortisone et des antispasmodiques, on est passé aux choses sérieuses, alors adieu mes 120mg de codéine et bonjour le tramadol, un dérivé morphinique.

Maya ma douce est venue me voir et nous avons eu une discussion sérieuse. Je lui ai demandé pourquoi j'avais encore mal au dos. Elle de me répondre qu'environ la moitié des Français avaient mal au dos, que les opérations que j'avais subies étaient très sérieuses et que jamais ma vie ne serait comme avant. Ouf ! Mais au moins je suis enfin fixée. Il est maintenant très clair que je ne pourrai plus jamais chevaucher au grand galop comme quand j'avais 12 ans … J'avale doucement la nouvelle, mais au moins je sais à quoi m'en tenir.En fait, je pense que je ne réalise pas à quel point tout ce qui s'est passé depuis un an m'a fait mal à mon corps. Je me croyais au-dessus de tout ça. Invincible presque. Mais je me suis fait rattraper. Merde. Est-ce dire que je suis comme tout le monde ? Moi ?

Hier j'ai passé un rayon X du système digestif, question de voir si j'avais toujours un estomac, des intestins et un colon en état de marche. J'étais un peu dopée mais heureuse, les grosses douleurs étaient disparues, et j'étais presque euphorique. Ils m'ont installée sur une petite planche et pris deux clichés alors que j'étais debout. Et puis, tout d'un coup, je me suis sentie partir par derrière … c'était la table qui pivotait, je me croyais chez Mickey et j'ai éclaté de rire. Enfin !

Mais, toujours ce mal de tête. Aujourd'hui, je vais mieux et je suis en permission jusqu'à demain soir, 20h. Un scan cérébral est prévu lundi, question de voir s'il me reste encore deux ou trois cellules grises j'imagine. Entouka, j'ai le cheveu qui repousse, j'espère que les cils suivront bientôt.

Et zou !

mardi 30 juin 2009

Je reviens pas à Montréal …


Ben oui, ainsi en ai-je décidé après avoir reçu la décision de la sécu. La bonne nouvelle c'est que je peux quand même sortir de mon département et bénéficier d'un "repos à la campagne" mais que si je veux prendre mon "repos à l'étranger", je n'aurai plus droit à mes indemnités journalières, donc, finalement, à mon salaire. À tout ça, je dois bien entendu ajouter le prix des billets d'avion pour Junior et moi.
Adieu veaux, vaches, cochons. On se reverra l'an prochain.

Et zou !

PS: Je voulais y être pour encourager ma Sister dans sa marche contre le cancer. Peut-être pourriez-vous aller l'accueillir à son arrivée le 23 août prochain !

vendredi 26 juin 2009

J't'assez fatiguée là là …

La fatigue est insidieuse. Même si le remède semble facile, le repos, c'est beaucoup plus difficile à faire qu'à dire. Il y a trois sortes de repos. J'excelle dans celui qui est de ménager physiquement et "m'effouârer dans l'sofa". Là pas trop de problèmes, si ce n'est quelques douleurs aux dos et les cellules grises qui se mettent en crise. Le deuxième consiste à diriger mon cerveau sur quelque chose de façon à m'obliger à ne plus penser ; les séries télévisées, les bouquins, les conversations entre amis. J'ai abandonné les copines depuis une semaine parce que parler me demande trop d'énergie. Finalement, le troisième repos, le plus réparateur, c'est le sommeil, les siestes.

Jusque là, tout va bien. C'est assez facile à suivre et me semble que tout le monde peut comprendre ça. Le problème est la mise en pratique. J'ai tellement de mal avec le deuxième type de repos. J'arrive à dormir, quelquefois des nuits complètes, souvent des siestes, mais je n'arrive pas à me "clairer" l'esprit. Et l'optimiste et le positivisme qui m'ont, presque, toujours animés commencent sérieusement à manquer. J'ai l'impression que cette fois-ci je ne pourrais en endurer plus. Le bout du rouleau. Mais, la preuve aujourd'hui avec ce petit texte, l'énergie me revient.Il s'en est quand même passé des choses depuis le 11 juin dernier. Ma Sister est venue me voir, moi, sa grande sœur ! Et pour une semaine. Heureusement qu'elle était là. Et merveille d'entre les merveilles, elle m'a fait une vraie sauce à spaghetti québécoise. Laissez-moi vous dire que quand on est loin de ses racines, y'a rien comme de la bouffe du pays pour nous revigorer. Elle m'a tout simplement sauvé la vie. C'est grâce à Sister que j'ai recommencé à manger. J'en suis à 52kg (114lbs), je crois que c'est le poids que j'avais à 10 ans !Pendant cette semaine, j'ai pu beaucoup me reposer et trouver assez de forces pour "kidnapper" Junior de "Poularde" pendant un après-midi complet. On est allé déjeuner dans un petit resto français de la campagne et on est allé au zoo de Thoiry. C'était vraiment une belle journée !


Après avoir, encore, repris des forces, nous sommes allés avec la Sister et les Beaux (ça y est, mon beau Beau va beaucoup mieux, entouka, il est encore plus beau !) à la fête de l'école de Junior, qui, pour me faire plaisir, à réussi à décrocher un autre prix, celui des sciences. Je ne peux vous expliquer la fierté que j'ai pour ce petit bonhomme qui n'a pas la vie facile. Bien sûr il a son caractère, tant mieux, mais j'ai du mal à comprendre ce qu'il vit ; avoir une mère souffrant de maladie bipolaire et ayant eu deux cancers en trois ans, je ne suis pas certaine comment moi je réagirais. Il est fort mon fils. Je l'aime tellement et du fait, me sens coupable de ne pas être la mère que je souhaiterais être. Mais, j'ai acheté une bicyclette et j'ai bien l'intention de l'amener sur les chemins de Normandie cet été !


Cette même journée, le 20 juin dernier, Fabulous Fab et moi avions organisé une petite sauterie avec nos amis. Nous étions plus d'une centaine réunis sous le thème (et la bâche, merci Stéphane !) "We will survive". J'ai vécu cette soirée comme un rêve, comme si c'était le dernier "party" de ma vie. J'ai tout donné. Drôle de party. Probablement celui où j'ai le moins mangé, le moins bu, le moins fumé mais où j'étais complètement "out". J'ai un peu vécu ça comme des funérailles, où tous mes amis français seraient venus mais que, ha ha ha, j'avais joué un tour à la mort et que j'y étais aussi.


Depuis cette soirée, je n'ai plus d'énergie. J'ai cependant dû ramasser tout mon p'tit change pour aller à l'hôpital des cancers mercredi, mais au bonheur, aucun effet secondaire grave en vue mon capitaine ! Il ne me reste qu'une fatigue marginale, qui s'évapore doucettement, reste à régler ces idées noires, qui, je le sais, sont le fruit de mon inactivité. C'est dur de se reposer.Et pour finir, pour vous prouver que je remonte la pente. Vive la toile ! Grâce à elle, deux anciennes copines (Karine et France) m'ont retrouvée. Encore des paires de bras pour m'aider à déménager.

Et zou !


jeudi 11 juin 2009

If it ain't broken, don't fix it

500€ de moins sur ma paie de mai …

Renseignements pris. Après une période de 9 mois, l'employeur commence à être moins gentil, en fait, la convention collective devrais-je dire. Avant c'était relativement facile, une fois les demandes faites et les paperasses envoyées, on avait la paix. La sécu envoyait les papiers à l'employeur qui lui-même l'envoyait à l'assureur. L'assureur envoyait les pépettes à mon employeur et basta, je recevais mon chèque de paie.

J'ai donc appris qu'après neuf mois de tranquillité, après avoir dû prouver que j'étais malade, prouver que j'étais salariée, je dois maintenant prouver que je ne suis pas totalement sénile et qu'il me reste encore assez d'énergie pour me substituer, en partie, à la sécurité sociale. C'est donc moi maintenant qui devrai m'occuper de mes indemnités de la sécu, que je les fasse parvenir à mon employeur et le reste restant le même … J'aurai le même salaire, mais il faut que je travaille un peu plus.

OK, je peux comprendre*, mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi ? Si fractum non sit, noli id reficere

Et zou !

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*En France, 90 % des consultations médicales aboutissent à une prescription contre 50 % seulement aux Pays-Bas, une consultation médicale donne lieu à une prescription de 6 médicaments en moyenne. (source AMELI)

mercredi 10 juin 2009

C'est fini

Super bonne nouvelle ! Je suis allée voir ma reine des abeilles et accessoirement des cancers, Maya ma douce. J'avais rendez-vous hier et nous nous sommes rendus, Mr.X. à l'hôpital des cancers pour faire le point. J'ai eu mon septième cocktail (tamoxifène - avastin) mercredi de la semaine dernière et je n'ai pas vraiment mangé depuis. Par contre, j'ai éliminé, et par tous les bouts … Donc hier je m'attendais au pire, genre on continue un huitième et éventuellement un neuvième cocktail. Ben non. C'est fini ! On passe à la prochaine étape. Après les chirurgies, la radiothérapie, la chimiothérapie, on est maintenant rendu au stade hormono, ou plutôt anti-hormono thérapie. Parce que, vous vous souvenez, mon cancer est un bouffeur d'œstrogène, on va l'affamer en empêchant mes ovules de fabriquer la fameuse hormone. Je recevrai donc un nouveau médicament antinéoplasique, le Femara (létrozole) qui fait partie de la classe des inhibiteurs de l'aromatase non stéroïdiens. La bonne nouvelle c'est que le Femara est en comprimé à prendre une fois par jour… pendant 5 ans !

Je suis super fatiguée, c'est pour ça que je n'écris presque plus. Je passe mon temps entre mon lit et les toilettes, mais bientôt, tout ça sera derrière moi. Je dois continuer la chimio pendant encore quelques mois, mais cette fois-ci qu'avec l'Avastin et le Femara. On verra bien.

Entouka, aujourd'hui j'ai eu assez de force pour remplir presque tous les papiers de la sécurité sociale. Ouf ! J'ai aussi reçu le OK de l'assureur, j'ai passé le test, je suis assez malade pour recevoir les indemnités d'une assurance que je paie, mais seulement jusqu'au mois de mars … ils auraient "égaré" mon dernier courrier. Non, mais heureusement que mon imprimante fait aussi scanner et photocopieuse. Demain je m'occuperai de la perruque !

Pour finir, j'était tellement en forme aujourd'hui que j'ai même fait ma déclaration de revenus, qui croyez-le ou non, est d'une simplicité extrême comparativement aux déclarations canadienne et québécoise. La sécu devrait s'en n'inspirer !

Et zou !