CITATION DU JOUR

"La maladie se supporte mieux quand on est supportée"
Line

dimanche 31 mai 2009

La sécu c'est con

Malgré tout le bien que je pense du système de santé français, y'a des fois où, tout comme une certaine presse féminine, ça frise le ridicule, qui ne tue pas … malheureusement.

En février, le 18 pour être exacte, mes "droits" prenaient fins, c'est-à-dire que je devais "reprouver" à la sécurité sociale (sécu) que j'étais toujours salariée, au même salaire, tout ça dans le but de toucher mes indemnités journalières. Jusque là, je n'ai pas de problèmes puisqu'il s'agit d'un contrôle normal qui a lieu tous les six mois. Je trouve que ce sont de bonnes règles de gestion. Pour "prouver" que je suis toujours salariées, je dois soit envoyer les originaux de mes fiches de paie, soit demander à mon employeur de remplir le formulaire machin-truc. Informations prises auprès de l'employeur, ne vous inquiétez pas, on s'occupe de tout. Génial, sauf qu'il ne m'on pas dit quand …

Juste un petit paragraphe d'explication sur les indemnités. Les règles sont différentes selon que l'on soit salarié, libéral (pharmacien, avocat, etc), commerçant, agriculteur, fonctionnaire, chômeur, vieux, pauvres … et bientôt myopes aux yeux verts ! Bref, vous commencez à vous rendre compte. Prenons mon cas. Quand cela fait plus d'un an que l'on travaille comme salarié (et encore, cela dépend de la taille de la compagnie, de la région en France, du type de produits, de marchandises ou de services offerts) mon salaire est "subrogé", c'est-à-dire que ma compagnie me paie mon salaire en attendant 1) que la sécu l'indemnise (≈ 40€ par jour) et 2) que la prévoyance (assurance salaire) lui verse la différence. Bref, tout bénef pour l'employeur qui ne paie rien à ce que je peux comprendree. Quand tout va bien, la sécu envoie des pépettes à mon employeur, ce qui déclenche le paiement de la mutuelle et qui finalement abouti à ma paie.

Vendredi dernier, j'ai reçu ma paie avec 500€ de moins dessus. Oups ! J'ai appelé la sécu en premier, pour savoir ce qui en était. J'ai appris que ma boîte est un peu longue à la détente, a fait les choses à son rythme, et n'a envoyé les documents à la sécu que le 20 mai dernier (trois mois de retard !). Puisque que j'avais enfin Mlle Sécu au bout du fils, j'en ai profité pour lui demander ce qui en était de mes autres remboursements, notamment des transports et de la perruque.

Nos déplacements sont remboursés par l'assurance-maladie. Je sais je me plains le ventre plein (encore que) mais je paye aussi. En fait, je suis remboursées 0,25¢ au km (parce que ma voiture est une 5CV, si c'était plus, je serais remboursée sur un autre tarif, simple non ?) lorsque je dois me rendre au centre pour des traitements de radiothérapie, mais pas pour la chimio, ni pour tous les autres types de RDV … Pour demander ce remboursement j'ai dû remplir quatre formulaires, dont trois pour détailler les allers et les retours avec les adresses et les heures. Ce qu'on ne ferait pas pour quelques euros de plus. Sauf que les fonctionnaires de la sécu n'ont saisi que les deux premières pages. À refaire, avec un courrier explicatif bien sûr !

Pour ce qui est de la perruque. Réponse, on a pas reçu votre courrier (alors qu'il était joint au courrier du kilométrage !) et donc aucun remboursement n'est en cours. Je dois refaire la demande avec les documents originaux. Je lui fais remarquer que je n'ai plus les originaux, ni de l'ordonnance, ni de la facture, puisque je les ai envoyés le 20 mars dernier mais que j'ai les photocopies. C'est impossible, je dois absolument envoyer les originaux me dit-elle. Bon, je me calme et lui demande comment dois-je faire. Ben voyons Madame, me répond-t-elle, vous n'avez qu'à demander à votre médecin et à retourner au magasin de "postiches".

Une chance que je ne l'avais pas devant moi.

Je me garde l'employeur pour la semaine prochaine. J'ai besoin d'un break.

Et zou !

mardi 26 mai 2009

Usurpation !

Bon, c'est en faisant des erreurs qu'on apprend. Du coup, j'ai beaucoup appris aujourd'hui puisque dans le but de faire une peu de place sur Picasa (qui héberge mes photos du blogue), ben ... j'ai tout effacé. Désolée !






Mais, me connaissant, j'avais quand même fait une sauvegarde, mais sans avoir noté quelle photo allait avec quel texte.Comme j'ai fait beaucoup d'exercice physique hier, quatre heures debout plus un pansage complet du Dada, ça tombe bien, je n'arrive plus à marcher aujourd'hui !


Ben désolée pour cette gaffe que je m'empresserai de réparer, bientôt En attendant, la photo prise hier (avec la froque de Mme Fred !).


Et zou !

mardi 19 mai 2009

Au poil et en selle


Je vous racontais précédemment que j'étais allée "jaser" avec les cops vendredi dernier, au café du village. C'était vraiment cool. Il y a quelque chose, comme une immense solidarité, un soutien, un filet. Je me sens bien avec elles. Au bout de deux heures de discussion, il a bien fallu qu'on se sépare, d'autant plus que l'odeur du poulet rôti commençait à me donner un peu mal au cœur ! On est restées sur la terrasse, pour les adieux, au moins 30 minutes supplémentaires et nous avons été rejointes par une autre madame du village. Une belle dame qui nous racontait que son fils était élève jardinier au château de Versailles. J'ai une préférence pour les métiers manuels, autres que tapoter sur un clavier, je trouve que l'humain y gagne beaucoup. J'ai beaucoup choqué mes collègues intellectuels scientifiques à l'époque, quand je disais (criais !) que j'aimerais que Junior devienne plombier.

La madame dont le fils est jardinier souffre aussi d'un cancer du sein, mais je ne m'en suis pas aperçue. C'était pas écrit sur son front et elle portait une perruque. La même que la mienne en fait ! Sur le chemin du retour, avec Fabulous, je me suis demandée si je ne devrais pas cacher, je ne trouve pas de meilleur mot, mon crâne sous une perruque. Je me suis demandée pourquoi je tenais tant à ce que les gens sachent que j'étais malade. Ai-je besoin de pitié ? Ai-je besoin qu'on fasse attention à moi ? Ai-je besoin de reconnaissance ? Fabulous, quant à elle, me dit que je pense trop … en me promenant la tête à poil je ferais avancer la cause parce que je permettrais aux gens d'en parler et de démystifier la maladie. C'est vrai qu'en France on voit très peu d'handicapés et de malades. La France, pays des apparences et de l'apparat.

Junior est rentré de l'école vendredi soir comme à toutes les semaines, sauf que cette fois-ci, il revenait aussi d'un voyage en Angleterre. Un séjour rapide, trois jours, mais n'empêche, j'avais un peu les chochottes. Il nous a rapporté des brownies de chez Mark and Spencer et un magnifique Big Ben en cristal avec des loupiotes et tout et tout. J'étais super émue. C'est la première fois qu'il nous fait des cadeaux, même si c'est lui qui s'est tapé tous les gâteaux et que Big Ben a fini dans sa chambre comme lampe de chevet !

J'ai voulu changer de selle pensant qu'avec un nouveau siège je serais plus confortable à cheval. Du même coup, le prétexte de la selle me donnait une bonne raison pour ne plus remonter à cheval. Facile. Je crois que c'est le concours handisport et surtout ma discussion avec une des athlètes qui m'ont donné le coup de pied au cul. Bien sûr, le stress de la prochaine chimio me paralysait aussi, mais ça, c'est dans la tête ! Samedi dernier, c'était le grand jour, le jour du test. Ça m'a pris tout mon p'tit change pour enfiler ma culotte de cheval, aller chercher une selle que j'avais repérée sur internet et me rendre, sous la pluie, à l'écurie. Mais une fois sur place, la magie s'est encore une fois opérée. Plus de douleurs (bon OK, j'avais pris ma pilule avant), plus de crampes et le soleil qui était revenu. Je suis arrivée alors que la reprise était en cours, Dada étant monté par la proprio du devant. J'ai essayé trois selles, dont une Hermès, pour finalement revenir … à ma selle. Il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idées.

Et zou !

vendredi 15 mai 2009

En vrac II

En France, être en vrac, ça veut dire ne pas aller très bien, dans la tête ou ailleurs. Aujourd'hui, c'est, encore, mon crisse de système digestif. Bon, je sais, c'est un peu normal, j'ai un cancer et j'ai eu ma chimio avant-hier. Malgré tous ces désagréments, je préfère encore les douleurs physiques aux douleurs psychiques, au moins on sait d'où ça vient ! Tout ça pour vous dire que je suis en train d'expérimenter les premières nausées de ma vie, entouka, celles liées à un état maladif et non celles d'un lendemain de brosse (lendemain de cuite). Je suis allée, pleine de bonne volonté, après avoir feuilleté un livre de recettes, noté la liste des ingrédients et fait la liste, à l'épicerie … Même pas eu le temps de me rendre dans les rayons des légumes, je pensais vomir ! Je suis ressortie au bout de 30 secondes, j'ai remis le panier (caddy) où je l'avais pris, récupéré ma pièce d'un euro, embarqué dans mon char et je suis ressortie du stationnement (parking) en me tapant tous les dos d'âne, j'avais l'impression de traverser la Manche …

Fabulous était à la maison pour garder Céleste … C'est drôle mais le fait qu'il y ait quelqu'un chez moi, et Fabulous en particulier, ben, je me suis donné le droit de me coucher. J'ai fait un beau dodo d'une heure et me revoilà sur le piton (en forme) ! Avouez, c'est quand même vachement mieux qu'un épisode dépressif !

En vrac, au Québec, ça veut dire ce que ça veut dire … pêle-mêle. Je vous livre donc mes dernières impressions, heures, jours, comme ça, pêle-mêle.

Mes Beaux

On m'a demandé de leurs nouvelles ce matin. Ouf ! Tout est maintenant réglé ! Je sais, c'est toujours plus facile à dire quand on parle du père de quelqu'un d'autre, même si c'est mon Beau, que du sien. On l'a "stenté" la journée même de son infarctus. Quand je vous dis que le système de santé français est merveilleux ! D'ailleurs, ça faisait longtemps, je profite de l'occasion pour, eh oui, un petit intermède médical …

Qu'est-ce qu'un "stent" ? Vous pensez bien qu'au Québec on dit endoprothèse vasculaire, c'est tellement plus simple !Quand on fait un infarctus du myocarde, c'est parce qu'une artère coronaire est bouchée par de la graisse d'oie, du beurre ou plus vulgairement du cholestérol. Un petit tas de gras (athérome) se colle donc sur les parois de la petite artère qui alimente le cœur, empêchant ainsi le sang de bien irriguer le muscle cardiaque. La solution, facile, c'est de déboucher l'artère. Le furet étant moyennement efficace, on pratique en général, une angioplastie, procédure qui permet, à l'aide d'un petit ballon qu'on gonfle dans l'artère bouchée, de décoller les parois de l'artère en tassant sur les bords toutes les bonnes choses à manger, la crème en particulier. Le problème, c'est que souvent, après le passage du ballonnet, les artères se resserrent à nouveau. Mais, pas de panique, parce que la médecine moderne a réponse à tout ! Et c'est ici qu'intervient le fameux "stent" qui est une petite armature métallique que l'on met en place justement pour empêcher ce nouveau rétrécissement. Mais, me direz-vous, n'est-ce pas un corps étranger pour le corps humain ? Eh oui, et pour rendre compatibles ces deux corps, le temps que le métal se recouvre de nouvelles cellules de Beau, on utilise de l'aspirine et un autre agent anti caillot. Elle est pas belle la techno ! J'ai donc un beau Beau presque tout neuf, qui, tel le cousin Hub dans les visiteurs, chevauche, non pas un destrier mais un vélo d'appartement.

Mon café, mon village

Mon village est un tout petit village, presqu'un "hamelet", un petit hameau (3 cabanes et une ferme !) et nous n'avions pas de véritable commerce avant que ne rouvre l'ancien hôtel du village, rénové. Malheureusement, ce café (épicerie, relai de poste, bar, resto) a dû fermer et nous avons perdu notre seul lieu de rencontre, où les madames revenant d'aller mettre leur progéniture à l'école, se retrouvaient pour papoter. Dernièrement, deux frangins se sont lancé dans l'aventure et notre café a pu être, à nouveau, ré-ouvert. Je me suis donc foutu un bon coup de pied et ce matin j'ai rejoint mes madames. C'était trop cool. Mais qu'est-ce que je fous à aller travailler comme une débile alors que la vie de village est géniale ? Ben, le fric quoi !

Et zou !

jeudi 14 mai 2009

Linette à terre



Hier, j'ai ravalé comme dirait ma Sister. Mon orgueil. Mon amour propre. Mes larmes, ma morve. La totale. Parce que figurez-vous, j'ai appris que j'étais orgueilleuse et que j'avais de l'amour propre ! Wow ! Ça fait drôle à entendre, moi qui ai toujours pensé que j'étais une grosse merde ! C'est Freud et Monica qui vont être contents … et moi aussi.

Bon, c'est fait, j'ai eu mon cocktail hier, qui je vous le rappelle devait être le dernier, du moins pour le taxotère. Mais j'ai appris hier, qu'il y aurait au moins encore deux autres traitements. Bon, OK, j'avale. Mais comme j'ai toujours mal au dos, on (pronom qui exclu la personne qui parle) a décidé de changer mes médoc antidouleurs, j'ai maintenant droit au petit cousin de la morphine … Yes, mon deuxième pas vers la dépendance, après la nicotine (j'ai dû arrêter la bière).

Hier donc, pour la première fois, je me suis fait "transporter" par Mr.X., parce que, orgueil oblige, en général je conduis moi-même mon Audi (la Porsche étant destiné à qui vous savez …) mais j'étais vraiment trop faible et très stressée. Pendant que je me faisais traiter (j'allais écrire maltraiter), mon bon Mr.X. est allé chercher ma montre à la bijouterie de St-Germain-en-Laye, soit à 18km (36km aller-retour) et n'a pu s'empêcher de m'acheter quelques babioles de luxe. Mal lui en pris … Au premier cadeau, un espèce de torchon pour le crâne, de couleur "brune", c'est sorti. Je trouve ça laid, affreux, je ne pouvais plus avaler, il n'y avait plus de place et je me suis mise à brailler comme une vache en me disant que j'étais vraiment bitche. Faut qu'il m'aime non ! Je vous rassure, les deux autres cadeaux étaient très beaux, une écharpe et un bracelet. Mais c'est pas tout …

En revenant, j'ai même eu le culot de lui demander si nous pouvions aller voir Dada, alors que Mr.X. n'est pas vraiment cheval. Ben, c'était merveilleux. Pourquoi j'y vais pas plus souvent vu tout le bien que ça me fait. J'ai enlevé mon bandana et Stone s'est mis à me faire un massage et une petite léchouille sur le crâne. J'ai aussi vu F. Madame, ma coach (qui entre-nous ne me coache pas fort, à cause de moi bien sûr !), elle est formidable, pleine de courage et d'amour pour les deux et quatre pattes. Et en plus, elle a une selle à vendre, je n'ai donc pas le choix, je dois donc remonter à cheval, remettre le pied à l'étrier, et c'est prévu pour samedi prochain. Enfin, des projets.

J'y ai aussi vu l'autre proprio de Stone, parce que je ne suis propriétaire que d'une moitié, celle de derrière. Stone à un gros vice, il pèle de l'anus et adore qu'on le lui masse. On a chacun nos préférences … Donc, Mme M., qui est aussi psychologue, m'a beaucoup aidé avec quelques mots tout simples: on peut pas toujours positiver … et que quand on est pu capable, faut surtout pas culpabiliser. Ouf !

J'ai aussi parlé au téléphone avec Lady Di, qui est trop loin pour que je puisse lui arracher la tête. Lady Di a une drôle de maladie et nous avons partagé notre ras le bol. Le "quand on veut on peut" par exemple. Ben non, y'a des fois où même quand on veut, on peut pas. Perdre le contrôle de son corps est pire que la douleur.

Aujourd'hui, pourtant, c'est un jour "quand je veux je peux" alors je vais retourner voir les Dadas cet après-midi.

Et zou !